Cet été, la Youle Compagnie prolonge l'expérimentation sur le quartier Grammont. Nous souhaitons permettre à toutes et tous de trouver leur manière de s'exprimer.

Nous travaillons sur la thématique : Nous Monstres, Eux.Elles Monstres ! 

Nous utiliserons pour cela trois médias différents, le corps avec l’art du Krump, la manipulation de l’argile et la peinture. 

L’ensemble des ateliers sont ouverts à tous les âges et sont gratuits. 

Le Krump : https://www.youtube.com/watch?v=u3_ceF1KUvU

// Stage de Krump avec ALIX BAD LIKS //

Lundi 9/07 - 14h-17h - RDV Square du Saule Pleureur 
Mardi 10/07 - 14H-17H - RDV Centre socio-culturel Simone Weil
Mercredi 11/07 - 14H-17H - RDV Eglise Sainte Catherine


// Ateliers Nous Monstres, Eux Monstres ! //
(Krump - Argile - Peinture) - Parc Grammont 

Lundi 16 - 23 - 30 juillet et 06 - 13 - 20 - 27 août de 14h30 - 17h
Mercredi 18 - 25 - 30 juillet et 01 - 08 - 15 - 22 août de 14H30 - 17H

Mercredi 29/08 - Horaire non défini - Présentation du film réalisé pendant l'été - Durée environ de 30 minutes. Centre socio-culturel Simone Veil 

Informations et renseignements à l'adresse youle.production@gmail.com ou au 07.69.13.20.29

Projet soutenu par la Ville de Rouen


 

 

 

 

Ce projet prend source dans le dernier spectacle éphémère et déambulatoire "De fleurs et de béton" pensé et créé pour le quartier Grammont dans le cadre du festival Curieux Printemps. Spectacle qui mêlait, danse, théâtre, conte, lecture, musique et performance. Dans le spectacle était distribués 12 étudiants du Conservatoire national de Paris, qu'Ulrich N'toyo, metteur en scène a eu en stage et avec lesquels il a poursuivi le travail en les distribuant dans le spectacle. Pendant le spectacle, un extrait du texte « le Socle de vertige » de Dieudonné Niangouna ( L'aveu de la mère à son fils) a été lu dans le square à la mauvaise réputation. A la fin le public sédentaire du square, une douzaine de jeunes hommes, allèrent à la rencontre de la comédienne et l'enlacèrent dans leurs bras, puis de rajouter : « hey faut que vous reveniez, on a besoin de culture nous ici ». Cet instant très éphémère et qui concernait peu de personnes, a pour nous le plus grand sens, dans ce que nous souhaitons expérimenter dans ce quartier. Peut-être que la fois suivante, ils suivront la déambulation, viendront à des événements hors du square, voire trouveront un média par lequel ils parviendront à s’exprimer.
 

Si nous n’expérimentons pas, nous ne pourrons pas savoir. Nous devons proposer des modes d’expression divers et variés, sortir de ceux traditionnels, qui de fait ne semblent pas convenir à toutes et tous. Mais ces propositions doivent être en lien avec les individus et groupes à qui elles sont destinées. Il est donc fondamental d’aller à leur rencontre pour connaitre et comprendre leurs goûts et envie. Comme certain.e.s utilisent le sport comme moyen de canaliser leur colère, libérer leur trop plein d’émotions, former et souder un groupe ; nous passons par le canal artistique pour développer ces objectifs. L’art permet en plus des objectifs ci-dessus de trouver des modes d’expression individuels et collectifs, essentiels à la construction et à l’émancipation de l’individu.
 

Nous souhaitons à travers ces pratiques aller à la rencontre des cultures des habitants, et proposer la rencontre avec d’autres cultures. Nous entendons le terme culture dans la définition suivante : « le terme «culture» recouvre les valeurs, les croyances, les convictions, les langues, les savoirs et les arts, les traditions, institutions et modes de vie par lesquels une personne ou un groupe exprime son humanité et les significations qu'il donne à son existence et à son développement. » Les droits culturels, Déclaration de Fribourg, Article 2, Alinéa A.

La fête !


C’est une des autres dimensions qui dirige nos propositions et expérimentations. Par la fête, la joie, nous parvenons à rassembler, à libérer. La balade de « fleurs et de béton » avait pour conclusion un concert au milieu du parc Grammont. Après le concert, les enceintes étant toujours branchées, le régisseur son a commencé à diffuser des musiques très dansantes et toutes les personnes alors assises dans le parc, se sont levées pour venir danser. Une habitante a alors dit « c’est tout même top comme cadre de vie. J’habite juste à côté, s’il pouvait y avoir ça toutes les semaines pendant l’été, ce serait génial. » La danse, le chant sont signes de fête. Nos ateliers sont constamment accompagnés de musique, de chants, qui nous
permettent d’aller à la rencontre de l’autre dans un positionnement bienveillant, positif.

 

Les trois types d’ateliers que nous proposons d’expérimenter sur l’été 2018, rejoignent la définition de l’art brut donnée par Jean Dubuffet. « Nous entendons par là des ouvrages exécutés par des personnes indemnes de culture artistique, dans lesquels donc le mimétisme, contrairement à ce qui se passe chez les intellectuels, ait peu ou pas de part, de sorte que leurs auteurs y tirent tout (sujets, choix des matériaux mis en œuvre, moyens de transposition, rythmes, façons d’écriture, etc.) de leur propre fond et non pas des poncifs de l’art classique ou de l’art à la mode. Nous y assistons à l’opération artistique toute pure, brute, réinventée dans l’entier de toutes ses phases par son auteur, à partir seulement de ses propres impulsions.
De l’art donc où se manifeste la seule fonction de l’invention, et non, celles, constantes dans l’art culturel, du caméléon et du singe. » Nous ne sommes cependant pas naïfs et cette définition quelque peu extrémiste dans son absolutisme ne peut réellement pas s’appliquer de manière totalement objective. D’autant qu’elle appartient à une époque dont les modes de communication et l’accès aux connaissances n’étaient pas aussi développés qu’aujourd’hui. L’accès à Internet et les plateformes telles que Youtube font que cet aspect indemne de culture artistique (dans le sens employé par Dubuffet à son époque, sous-entendu élitiste et intellectuelle) n’est pas ou plus possible aujourd’hui.

En outre, nous souhaitons travailler sur des choses instinctives, non-réfléchie, qui viennent de soi, de ses angoisses, ses peurs, ses MONSTRES. Après avoir exploré la question du rêve avec les habitant.e.s, nous souhaitons désormais travailler sur celle des monstres, que nous sommes, qui nous entourent.

 

Nous utiliserons pour cela trois médias différents, le corps avec l’art du Krump, la manipulation de l’argile et la peinture. L’ensemble des ateliers seront ouverts à tous les âges. Chaque atelier sera filmé, afin de garder la trace de ces expérimentations et des évolutions individuelles et collectives qui peuvent découler de celles-ci.

* Photo extraite de "La puissance du krump", Les Indes Galantes, de Clément Cogitore sur 3ème Scène

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